Je travaille pour une organisation humanitaire !
Vous caressez l'idée de vous investir dans une organisation humanitaire à la fin de votre carrière professionnelle ou après votre (pré)pension ? Quelles sont les possibilités ? Que pouvez-vous attendre ? A quoi devez-vous faire attention ? Comment vivre ce nouveau départ dans la vie ?
En 2007, pour mes 50 ans,j'ai fait deux semaines de bénévolat pour Médecins sans Vacances, explique le Dr Guy Declercq, 53 ans, ORL. Je me suis retrouvé à l'hôpital général de Nyantende, dans la région de Bukavu, à l'est du Congo. Ils n'avaient plus vu d'ORL depuis l'indépendance, en 1960. J'ai eu énormément de travail, mais je l'ai vécu comme une grande détente. En 2008 et en 2009, j'y suis retourné deux semaines. J'y forme maintenant un médecin congolais qui a fait ses études à Kinshasa.
J'ai fait sept ans d'études et une spécialisation de cinq années aux frais de la société. J'estime donc normal de me rendre utile pour rembourser cette « dette ». En outre, j'adore ça. Sur le terrain, l'expérience est indispensable, car on doit pouvoir faire des miracles à partir de rien. Dans le futur, je veux aller travailler à Nyantende pour des périodes d'un mois, car les besoins sont importants, aussi en dehors de l'hôpital. Pour partir l'esprit tranquille, j'ai pris un associé dans mon cabinet en Belgique. J'espère convaincre ma femme de m'accompagner. »
Le Dr Declercq est loin d'être le seul à consacrer une partie de son temps à une ONG (organisation non-gouvernementale) humanitaire. Certains le font durant la dernière partie de leur carrière, d'autres après leur pension ou leur prépension. « Cela n'a rien d'étonnant, ajoute Nancy Boulpaep, responsable des ressources humaines de Médecins sans Frontières Belgique. Pour les missions humanitaires à l'étranger, nous avons besoin de personnes disposant d'une grande expérience professionnelle. Elles doivent être flexibles, savoir se débrouiller seules et parler plusieurs langues. Et, de préférence, ne pas (plus) avoir d'enfants à la maison. Ce sont souvent des 50+ qui répondent à ce profil. »
Comment travailler pour une ONG ?
Vous pouvez postuler pour des missions à l'étranger ou des services de soutien en Belgique. Vous pouvez vous investir quelques heures par semaine en tant que bénévole ou travailler en tant que collaborateur rémunéré sur la base d'un contrat à temps plein ou à temps partiel, à durée déterminée ou indéterminée.
De nombreuses ONG travaillent aussi bien avec des bénévoles qu'avec du personnel rémunéré. C'est par exemple le cas de Médecins sans Frontières, Oxfam, Handicap International, SOS Villages d'Enfants et Iles de Paix.
D'autres organisations, comme Médecins sans Vacances ou Unicef Belgique font presque exclusivement appel à des bénévoles.
Les missions à l'étranger
« Besoin de contacts sociaux, idéalisme, envie d'aventure et de ne pas perdre le savoir-faire acquis durant sa carrière... Ce sont en général les arguments qu'avancent ceux qui nous contactent. Certains souhaitent également réaliser un rêve de jeunesse, observe Nancy Boulpaep.
Un certain nombre de candidats déclarent même qu'ils sont prêts à faire n'importe quoi, du moment que c'est pour Médecins sans Frontières. Les personnes disposant de spécialisations médicales ou techniques veulent, elles, surtout exploiter leur savoir-faire. Presque tous ceux qui franchissent le pas se déclarent très heureux. Pour eux, c'est le début d'une nouvelle vie. »
Si vous rêvez de vivre l'aventure en Afrique, sachez que l'aide humanitaire a dépassé le stade de l'amateurisme bien intentionné. Tous les candidats enthousiastes sont loin d'être pris en compte.
Pour les missions à l'étranger, les ONG belges recherchent surtout des profils médicaux, paramédicaux et techniques avec expérience. C'est-à-dire des chirurgiens, des anesthésistes, des infirmiers, des sages-femmes, des spécialistes du virus HIV, des pédiatres, des kinésithérapeutes, des ergothérapeutes, des éducateurs, des ingénieurs des agronomes, des mécaniciens, des experts en transport, en distribution et en logistique ainsi que des experts en télécommunication.
Ces collaborateurs sont pratiquement toujours rémunérés sur la base de contrats à durée déterminée. « Si vous voulez pouvoir compter sur leur expertise à long terme, vous devez les payer, précise Nancy Boulpaep. Mais nous les payons juste un peu plus que le salaire minimum. Nous demandons au personnel rémunéré un engagement d'au moins six mois, mais cette période peut être répartie sur plusieurs missions de plus courte durée. »
En Belgique également
Si vous ne correspondez pas à l'un des profils mentionnés plus haut, ne désespérez pas. Les sièges des ONG ont également besoin de collaborateurs enthousiastes.
Pour les fonctions rémunérées en Belgique, les ONG recherchent surtout des personnes qui ont exercé des fonctions financières et juridiques (banques, assurances, comptabilité, assistance juridique, collecte de fonds...), des professions techniques (télécommunication, transport, distribution, logistique), liées aux ressources humaines, ou des éducateurs, psychologues, journalistes, experts dans les nouveaux médiums de communication ou chercheurs scientifiques (épidémiologistes ou bio-ingénieurs, par exemple).
Les bénévoles peuvent travailler pour différents services de soutien. Depuis les traducteurs jusqu'aux chauffeurs, en passant par le travail administratif, la collecte de fonds et les actions de sensibilisation.
Certaines organisations envoient également des bénévoles en mission à l'étranger. Enseignants s ans Frontières, par exemple, travaille avec des enseignants qui, après leur mise en disponibilité, désirent encore s'investir. Médecins sans Vacances fait appel à des médecins, laborantins, infirmiers et sages-femmes. Oxfam Solidarité recherche des bénévoles pour l'aide alimentaire dans les camps de réfugiés.
Les bénévoles reçoivent une indemnité. Pour les missions à l'étranger, les frais de voyage et de séjour sont payés.
Mais vous risquez aussi de ne pas voyager hors des murs d'un bureau en Belgique. C'est bien sûr moins excitant que les favelas de Rio de Janeiro ou un camp de réfugiés au Tchad. Si vous devez vous contenter de trier le courrier ou de faire de la comptabilité, votre idéalisme risque de prendre un sacré coup dans l'aile. « Le travail n'est pas toujours très excitant, confirme Nancy Boulpaep. A notre siège en Belgique, nous travaillons avec 45 bénévoles (presque tous des 50 +) et 250 employés rémunérés. Pour leur faire prendre conscience de leur importance, ils reçoivent chaque semaine un briefing sur ce qui se passe dans le cadre des missions à l'étranger ».
Pourtant, les ONG enregistrent, elles aussi, un recul du nombre de bénévoles ces dernières années. Au siège de SOS Villages d'Enfants, leur nombre est passé de 10 à 2. Souvent, lorsque le bénévolat ne les valorise pas assez, les jeunes 50 + décrochent. Les organisations humanitaires doivent faire preuve de plus de créativité et trouver des formes intermédiaires entre « aventure à l'étranger » et « tâches fastidieuses » en Belgique.
Où postuler ?
Vous trouverez un aperçu des ONG qui font appel à des bénévoles ou à du personnel rémunéré sur le site www.acodev.be
Ci-dessous, vous trouverez aussi les coordonnées de quelques ONG :
- Médecins sans Frontières : rue Du-pré 94, 1090 Bruxelles, 02 474 74 74, www.msf-azg.be
- Handicap International : rue de Spa 67, 1000 Bruxelles, 02 230 60 30, www.handicapinternational.be
- Iles de Paix : Blijde Inkomstraat 50, 3000 Louvain, 016 31 65 80, www.vredeseilanden.be
- Oxfam Solidarité : rue des Quatre-Vents 60, 1080 Bruxelles, 02 501 67 00, www.oxfamsol.be
- Unicef Belgique : route de Lennik 451 boîte 4, 1070 Bruxelles, 02 230 59 70, www.unicef.be
- SOS Villages d'Enfants : rue Gachard 88, 1050 Bruxelles, 02 639 09 77, www.sos-villages-enfants.be
- Médecins sans Vacances: Rode Kruisplein 16, 2800 Malines, 015 40 08 82, www.azv.be/fr
Pensez-y...
Un certain nombre d'ONG font partie d'une organisation internationale. Travailler pour la branche belge peut aussi vous fournir des contacts utiles si vous nourrissez des ambitions internationales.
Les prépensionnés ne peuvent pas effectuer de travail rémunéré. Le bénévolat (avec indemnité) est par contre autorisé, moyennant l'approbation de l'Onem.
Les pensionnés et les enseignants mis à disposition peuvent gagner un salaire d'appoint jusqu'à concurrence d'un certain montant. Exemple : celui qui bénéficie d'une pension de retraite et/ou de survie et n'a pas d'enfant à charge peut désormais gagner jusqu'à 21.436,50 euro bruts par an en plus.
Médecins sans Frontières ne cherche pas exclusivement des gens prêts à aller sur le terrain.
Auteur: Ludo Hugaerts | Mise en ligne: 24-09-2009 | Mise à jour: 24-09-2009

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