Société
On entend souvent dire que travailler jusqu'à l'âge de la pension légale (voire au-delà) maintient en forme, tant sur le plan physique que mental. Mais est-ce toujours vrai ? Que faire pour continuer à travailler le coeur léger ?
Contenu :
- Equilibre ou burn-out ?
- Vive le travail manuel
- Conseils pour garder la santé au boulot
- Cinq signaux d'alarme
Ouvrier du bâtiment, horticulteur, enseignant, directeur financier, nous avons tous une certaine capacité physique de travail (PWC). Elle varie d'une personne à l'autre et évolue au fil des ans.
« Il est possible de mesurer notre PWC à l'aide de tests, par exemple en mesurant le pouls, la vitesse de réaction ou l'oxygénation maximale des poumons, explique Raf Masschelein, professeur émérite de médecine du travail à la KULeuven. La capacité de travail de chacun dépend autant de la résistance physique que mentale. Vers 60 ans, elle est environ 30 % moindre qu'à 25 ans, mais cela n'a rien de dramatique. Personne n'est capable d'utiliser en permanence sa capacité de travail maximale. Dans des conditions de travail normales, on l'utilise à 50 %.
Equilibre ou burn-out ?
- Le meilleur scénario ? Un emploi qui assure un bon équilibre entre notre capacité de travail personnelle et nos conditions de travail : quantité de travail, environnement (bruit !), salaire, valorisation du travail accompli. « Lorsqu'il y a un bon équilibre, continuer à travailler ne peut être que bénéfique, précise Raf Masschelein. On entretient sa condition physique et ses fonctions cognitives, tout en conservant une vie sociale. »
- Lorsque cet équilibre est rompu, continuer de travailler peut représenter un danger pour la santé. « La capacité de travail des quinquas et des sexagénaires est plus faible. Ce à quoi s'ajoute une pression accrue de l'environnement professionnel, souligne le professeur Masschelein. Ils doivent travailler plus avec toujours moins de liberté d'action. En effet, leurs collègues n'acceptent pas que leur rythme de travail diminue. Leur employeur les complimente rarement et ils ont l'impression d'être mis à l'écart des formations et des nouveaux défis. Résultat ? Leur motivation en souffre... »
- Pour compenser cette pression croissante, les 50+ tentent de travailler au maximum de leurs capacités, voire de les dépasser. Résultat : ils épuisent leurs réserves.
- « Si la situation s'éternise, les problèmes sont inévitables, prévient Raf Masschelein. Une enquête démontre qu'une situation de stress professionnel continu chez les 50+ est à l'origine d' hypertension et d'un doublement du risque de diabète, mais aussi d'une prise de poids, de dépression, d'un burn-out, voire de crises cardiaques et d'accidents cardiovasculaires. Le processus ne se met fort heureusement pas en place d'un jour à l'autre, car le corps lance des signaux d'alarme. »
- « Si l'employé ne parvient pas à restaurer un équilibre, il doit réagir en modifiant sa situation professionnelle, afin de préserver sa santé, recommande le professeur Masschelein. Les options : cesser de travailler, demander sa prépension, travailler à temps partiel, demander une autre fonction à son employeur, changer totalement de secteur d'activité...
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Le travail, c'est vraiment la santé ?
On entend souvent dire que travailler jusqu'à l'âge de la pension légale (voire au-delà) maintient en forme, tant sur le plan physique que mental. Mais est-ce toujours vrai ? Que faire pour continuer à travailler le coeur léger ?Contenu :
- Equilibre ou burn-out ?
- Vive le travail manuel
- Conseils pour garder la santé au boulot
- Cinq signaux d'alarme
Ouvrier du bâtiment, horticulteur, enseignant, directeur financier, nous avons tous une certaine capacité physique de travail (PWC). Elle varie d'une personne à l'autre et évolue au fil des ans.
« Il est possible de mesurer notre PWC à l'aide de tests, par exemple en mesurant le pouls, la vitesse de réaction ou l'oxygénation maximale des poumons, explique Raf Masschelein, professeur émérite de médecine du travail à la KULeuven. La capacité de travail de chacun dépend autant de la résistance physique que mentale. Vers 60 ans, elle est environ 30 % moindre qu'à 25 ans, mais cela n'a rien de dramatique. Personne n'est capable d'utiliser en permanence sa capacité de travail maximale. Dans des conditions de travail normales, on l'utilise à 50 %.
Equilibre ou burn-out ?
- Le meilleur scénario ? Un emploi qui assure un bon équilibre entre notre capacité de travail personnelle et nos conditions de travail : quantité de travail, environnement (bruit !), salaire, valorisation du travail accompli. « Lorsqu'il y a un bon équilibre, continuer à travailler ne peut être que bénéfique, précise Raf Masschelein. On entretient sa condition physique et ses fonctions cognitives, tout en conservant une vie sociale. »
- Lorsque cet équilibre est rompu, continuer de travailler peut représenter un danger pour la santé. « La capacité de travail des quinquas et des sexagénaires est plus faible. Ce à quoi s'ajoute une pression accrue de l'environnement professionnel, souligne le professeur Masschelein. Ils doivent travailler plus avec toujours moins de liberté d'action. En effet, leurs collègues n'acceptent pas que leur rythme de travail diminue. Leur employeur les complimente rarement et ils ont l'impression d'être mis à l'écart des formations et des nouveaux défis. Résultat ? Leur motivation en souffre... »
- Pour compenser cette pression croissante, les 50+ tentent de travailler au maximum de leurs capacités, voire de les dépasser. Résultat : ils épuisent leurs réserves.
- « Si la situation s'éternise, les problèmes sont inévitables, prévient Raf Masschelein. Une enquête démontre qu'une situation de stress professionnel continu chez les 50+ est à l'origine d' hypertension et d'un doublement du risque de diabète, mais aussi d'une prise de poids, de dépression, d'un burn-out, voire de crises cardiaques et d'accidents cardiovasculaires. Le processus ne se met fort heureusement pas en place d'un jour à l'autre, car le corps lance des signaux d'alarme. »
- « Si l'employé ne parvient pas à restaurer un équilibre, il doit réagir en modifiant sa situation professionnelle, afin de préserver sa santé, recommande le professeur Masschelein. Les options : cesser de travailler, demander sa prépension, travailler à temps partiel, demander une autre fonction à son employeur, changer totalement de secteur d'activité...
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Vive le travail manuel !
On croit souvent que ceux qui exercent une profession très physique courent des risques à travailler jusqu'à l'âge légal de la pension. «Il est, certes, déconseillé de travailler en horaires de nuit jusqu'à 60 ou 65 ans», nuance Raf Masschelein. Il en va de même pour les emplois à fort risque de maladie professionnelle (ex. travail d'infirmier ou d'aide soignante, pénible pour le dos). On peut néanmoins affirmer que le travail manuel est idéal après 50 ans. Il compense le fait que l'on bouge de moins en moins à partir de cet âge. Les 50+ courent nettement plus de risques en restant assis toute la journée devant un ordinateur. L'idéal après 50 ans ? Alterner travail intellectuel et activité physique. »
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Conseils pour garder la santé au boulot
- Evitez de prendre du poids et forcez-vous à manger sainement.
- Tâchez de vous accorder chaque heure une pause de cinq minutes.
- Si votre travail est de nature intellectuelle et statique, compensez cela par de la marche le soir et des activités physiques le week-end. Rendez-vous au travail ou à la gare à vélo.
- Si votre travail est surtout physique, pratiquez des activités intellectuelles : lecture, ordinateur, mots croisés, jeux de mémoire, apprentissage d'une langue...
- Envisagez un travail à temps partiel.
- Tâchez de passer du travail de nuit (ou en équipes) à un travail de jour.
- Osez dire à votre employeur que vous ne vous sentez pas suffisamment valorisé dans ce que vous faites. Montrez de l'enthousiasme pour les nouveaux défis à relever et demandez à suivre une formation.
- Si la pression est trop forte, demandez à changer de poste, éventuellement dans un autre secteur de l'entreprise.
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Cinq signaux d'alarmeSi vous remarquez un ou plusieurs de ces symptômes, faites attention, vous risquez le burn-out ! - Vous êtes anormalement fatigué et ce depuis des semaines, même si vous parvenez à dormir normalement. Le soir, vous rentrez chez vous vidé et épuisé.
- Vous allez travailler avec des pieds de plomb.
- Vos collègues vous irritent continuellement (et vice-versa).
- Vous ne parvenez plus à vous détendre. Le dimanche, vous avez des idées noires à l'idée de reprendre le boulot le lendemain.
- A la maison, vous êtes souvent de mauvaise humeur.
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Auteur: Ludo Hugaerts |
Mise en ligne: 09-04-2009 |
Mise à jour: 18-09-2009