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Quels droits de succession sur des titres hérités ?

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Vous avez eu la malchance d'hériter de titres qui aujourd'hui n'ont pratiquement plus de valeur. Crise financière oblige. A quelle valeur vos titres seront-ils estimés dorénavant pour le calcul des droits de succession ?

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Depuis la crise des sub-primes, un véritable tsunami financier a déferlé sur le monde. Celui qui a hérité d'un portefeuille de titres il y a quelques mois a vu fondre inexorablement sa valeur. Or, les droits de succession sont en principe calculés et dus sur la valeur qu'avaient les titres au moment où ils ont été hérités. Heureusement, les Régions sont intervenues.

Un cas vécu

En avril 2008, Jacques hérite de sa tante un portefeuille de titres quasi exclusivement composé d'actions « de bon père de famille » de la Banque Fortis. Jacques dépose une déclaration de succession en septembre 2008 (soit à la fin du délai de 5 mois imposé par la loi).

Cette déclaration devait entre autres reprendre la valeur des actions Fortis. Les actifs d'une succession doivent normalement être évalués à leur valeur de vente au moment du décès. Les titres cotés en Bourse se voient toutefois appliquer une règle particulière. A des fins successorales, ils doivent obligatoirement être évalués sur base du « prix courant ». Publié dans le Moniteur Belge aux environs du 20 de chaque mois, le prix courant reflète, pour le mois précédent, le cours moyen d'une action cotée. Dans le cadre d'une succession, l'évaluation doit se faire au prix courant du mois qui suit celui où le décès s'est produit. Dans notre exemple, il s'agit donc du prix courant en vigueur au mois de mai. L'action Fortis valait alors 16,88 euro.

Mais le Code des droits de succession permet aussi aux déclarants d'opter pour le prix courant d'un des deux mois qui suivent à condition qu'ils indiquent explicitement leur choix dans la déclaration. Il ne peut en outre pas être « panaché » : on ne peut opter que pour un seul prix courant qui s'appliquera à tous les titres qui composent la corbeille héritée. Jacques aurait donc pu indiquer pour la valeur que l'action Fortis avait en juin ou juillet 2008. Action qui valait alors respectivement 16,60 euro et 13,31 euro. Le mieux pour lui était donc d'opter pour la valeur de prix courant de juillet 2008.

En novembre 2008, Jacques reçoit une invitation à payer les droits de succession qui doivent en effet être acquittés dans les 7 mois qui suivent le décès. Pour acquitter cette dette fiscale en bon citoyen, il décide de convertir les actions Fortis héritées en espèces sonnantes et trébuchantes (car les droits de succession entre neveu et nièces sont très élevés). Mais à ce moment, il ne touche plus que 0,89 euro par action (cours de l'action Fortis au 31 octobre 2008). Jacques doit donc puiser dans sa propre épargne pour payer ces droits de succession !

Le législateur à la rescousse

Dans le passé, plusieurs questions parlementaires avaient été posées à ce propos, notamment lors de la débâcle de Lernout & Hauspie, mais le ministre de l'époque avait répondu que seule une loi pouvait autoriser une exonération ou une réduction de l'impôt. Depuis, les trois Régions ont pris des mesures valables en cas de crise persistante pour ceux qui ont hérité d'actions cotées en Bourse. Découvrez-les, Région par Région.





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