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4 bonnes raisons de faire un testament

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Raison 4 - Vous donnez moins au fisc

Un testament est aussi un instrument pratique pour une planification successorale fiscalement intéressante. Certaines techniques testamentaires génèrent en effet des économies d'impôt.

Le testament « divide et impera »

Nous nous inspirons ici de la politique « diviser pour régner » qui a valu maints succès au célèbre Jules César. Le terme reflète parfaitement le but poursuivi par ce type de testament. Comme vous le savez, les taux des droits de succession sont progressifs par tranches. Ils sont donc d'autant plus élevés que la succession est importante. La solution tombe sous le sens : diviser la succession en autant de parts que possible et les distribuer aux intéressés. Ceux-ci recevront une part plus petite, mais risquent nettement moins l'indigestion fiscale puisque on calcule les droits de succession à partir des taux les plus bas pour chacun.

Exemple Une riche veuve résidant à la côte belge possède quelque 900.000 € d'avoirs mobiliers. Elle a trois enfants (Anne, Pierre et Simon) qui, eux-mêmes sont parents : Anne a trois enfants, Pierre en a un et Simon, deux. Il y a donc au total, six petits-enfants.

  • Il n'y a pas de testament « divide et impera »

Si la succession suit simplement la dévolution légale, les enfants - Anne, Pierre et Simon - en recevront chacun 1/3, soit 300.000 €.

Chacun paiera 33.000 € de droits de succession.

Total des droits de succession payés par les trois enfants : 99.000 €

  • Il existe un testament « divide et impera »

Supposons que la dame ait rédigé un testament où elle attribue, par branche, une part égale (à savoir 1/3) à chacun de ses enfants, à partager à parts égales entre les enfants et les petits-enfants.

La branche que représentent Anne et ses trois enfants recevra donc 300.000 € ou 75.000 € chacun. Anne et ses trois enfants paieront chacun 3.750 € de droits de succession, soit un total de 15.000 €. Pierre et son fils se partageront aussi 300.000 € et recevront donc chacun 150.000 € sur lesquels ils paieront tous deux 10.500 € de droits de succession, 21.000 € en tout. La branche constituée par Simon et ses deux enfants se partagera aussi 300.000 € et chacun recevra donc 100.000 €. Les droits de succession s'élèveront pour chacun à 6.000 €, soit 18.000 € ensemble. Au total, les trois branches de la famille paieront 54.000 € (15.000 + 21.000 +18.000).

En optant pour ce type de testament, la dame a fait un joli cadeau fiscal à ses héritiers : 99.000 - 54.000 € = 45.000 €.

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Le legs en duo

Vous souhaitez léguer un ou plusieurs biens à votre meilleur(e) ami(e) ou à votre nièce préférée et aussi faire un don à une institution à but humanitaire. Sans testament, se pose la question de savoir si l'effet recherché sera bien atteint. Car les héritiers qui n'ont pas de lien de parenté avec le défunt ou qui sont parents à un degré éloigné paient le prix fort au fisc : le taux applicable entre étrangers.

Dans ce cas bien spécifique, la technique du legs en duo est un véritable must. En voici donc le principe : par testament, vous répartissez la somme que vous vouliez donner au départ à votre nièce ou votre ami(e) entre elle et une organisation que vous souhaitez soutenir. En précisant bien que votre nièce ou ami(e) reçoit ce legs « libre de droits de succession », ceux-ci devant être pris en charge par l'institution que vous soutenez.

Exemple - Legs en duo : le fisc paie ! 

Vous souhaitez léguer une somme d'argent ou un bien à une organisation qui a votre confiance ou que vous soutenez déjà. "Mais, pensez-vous, je laisserai forcément moins à mon ami ou ma petite nièce préférée". Pas nécessairement ! Grâce à la technique du legs en duo, vous laisserez autant (sinon plus) à votre ami ou à votre nièce et vous soutiendrez une bonne cause. Comment fonctionne ce système ?

La base

Le legs en duo trouve son origine dans l'article 64, alinéa 2 du code des droits de succession. Il y est stipulé que la personne X (par exemple votre nièce) reçoit un legs libre de tout droit de succession, pour autant que la personne Y (par exemple Médecins sans Frontières) prenne le paiement des droits de succession de X à sa charge.

Autrement dit : votre nièce ne paie pas elle-même les droits de succession. Ils seront payés par Médecins sans frontières. Comme une institution agréée bénéficie d'un tarif de faveur (8,8 % en Wallonie et en Flandre, 12,5 % à Bruxelles) sur la part qu'elle reçoit, c'est le fisc qui en fin de compte accepte d'être le perdant de cette construction.

Les conditions

Un legs en duo doit répondre à trois conditions :

  • Vous devez rédiger un testament
  • Vous léguez une partie de vos biens à une ou plusieurs personnes (X)
  • Vous léguez la partie restante à une institution agréée (Y) qui aura à sa charge le paiement de la totalité des droits de succession.

En chiffres

Legs ordinaire : Jean habite à Ostende et n'a pas d'enfants. Il décide de laisser 25.000 € à son ami Pierre. Il ne lègue rien à aucune institution. Droits de succession : 45 % sur la tranche de 0 à 75.000 € (tarif en Flandre, entre oncles, tantes, nièces et neveux et entre toures autres personnes).
25.000 € x 45 % = 11.250 €
Part nette pour Pierre : 25.000 € - 11.250 € = 13.750 €

Legs en duo : Jean dispose toujours de 25.000 €, mais cette fois, il décide de léguer 15.000 € à son ami Pierre et 10.000 € à Médecins sans Frontières.

  • Pierre ne paie pas de droits de succession, ils seront pris en charge par MSF. Il reçoit donc 15.000 € net.
  • MSF paie : 15.000 € - 45 % = 6.750 € (droit de successions dus pour Pierre) et 10.000 € x 8,8 % = 880 € (tarif préférentiel pour les institutions agréées) soit au total 7.630 €. MSF garde en part nette 10.000 € - 7.630 € = 2.370 €.

Que perçoit l'Etat ?

Il perçoit 10.000 € si Jean lègue 25.000 € à son ami Pierre et 7.630 € si Jean partage ses avoirs entre son ami Pierre et MSF.

Attention Ceci n'est qu'un exemple. Le legs en duo ne livre pas forcément un (si grand) avantage. Tout dépend du degré de parenté entre testateur et légataire. Si vous envisagez de léguer une partie de vos biens à une institution agréée, consultez un notaire et demandez-lui de faire un calcul en fonction de votre situation personnelle.

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Auteur: Eric Spruyt & Annemie Goddefroy | Mise en ligne: 15-05-2008 | Mise à jour: 20-03-2009

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