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2012 sera marqué par une légère récession

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L’intérêt était au rendez-vous au salon Zénith : Amid Faljaoui directeur des rédactions de Trends/Tendances, tenait débat avec Bernard Keppenne, économiste en chef chez CBC, sur les tendances en 2012.

Selon les spécialistes l’euro survivra, sans aucun doute. Nous nous trouvons actuellement dans une phase où les politiques cherchent leur voie, que ce soit en Belgique ou en Europe. Le marché des obligations se montre actuellement très nerveux, principalement sous l’influence de l’Italie. Si ce pays parvient à maitriser sa dette publique, nous pouvons même nous attendre à une évolution légèrement positive. Mais le doute est bien présent pour le moment, ce qui, par exemple, entraîne en Italie des taux d’intérêt de 6-7%. C’est bien sûr intenable.

Les nouveaux gouvernements, tant en Belgique que dans d’autres pays européens, notamment en l’Italie, doivent faire savoir avec force qu’ils vont s’attaquer sérieusement à la dette publique. Et après seulement, on verra une baisse du taux d’intérêt. C’est vraiment maintenant une obligation, imposée par les marchés financiers, que les politiciens le veuillent ou non. Nous n’en sommes pas encore au stade de l’Italie ou de la Grèce, mais, pour Noël, nous devrions avoir un gouvernement, avec un programme de réformes crédibles.   

La hausse des taux n’est pas un phénomène propre à la Belgique. Il est à l’échelle européenne en raison de la grande défiance apparue hors Europe.

Les points forts et les faiblesses de notre pays

La Belgique est un pays d’épargnants. Les ménages belges font partie des plus riches d’Europe. Depuis la dévaluation du franc belge en 1982, nous enregistrons des surplus dans la balance des paiements. L’économie belge n’a pas de dettes vis-à-vis de l’étranger.

Mais les autorités ont des dettes et, pour les assainir, elles vont bien évidemment devoir prendre des mesures qui pèseront sur les citoyens et les entreprises belges. Il serait dommageable que le gouvernement emprunte trop radicalement la voie de la hausse des impôts. Les impôts représentent déjà, en Belgique, 48% du produit national brut, alors que la moyenne européenne se situe aux alentours des 40%.

L’âge de la pension doit être revu à la hausse

L’âge légal de la pension est fixé, chez nous, à 65ans. Mais le véritable problème, c’est que l’âge effectif de la prise de pension, c’est-à-dire l’âge réel auquel on quitte le marché du travail, est en moyenne de 59 ans. La moyenne européenne est supérieure de 2,5 ans. Il faudrait donc, en toute première instance, s’atteler à relever l’âge effectif de prise de pension, par exemple en faisant passer l’âge auquel il est possible de prendre une pension anticipée de 60 ans à 62 ans. Ou, via un système de malus de pension qui découragerait les gens de prendre leur pension avant 65 ans.   

 A terme, l’âge légal de la pension devra aussi être revu à la hausse. Cet âge de 65 ans a été fixé au début du siècle passé, quand il n’était encore question que d’une pension pour les hommes et que leur espérance de vie était de 63 ans ! La plupart n’atteignaient donc pas l’âge de la pension. Aujourd’hui, l’espérance de vie des hommes est de 82-83 ans et les femmes sont de plus en plus nombreuses à pouvoir prétendre à une pension après une carrière professionnelle. Il est évident que l’âge légal de la pension devra être relevé pour que le système reste viable.

Par ailleurs, nous ne devons pas perdre de vue qu’il y a aujourd’hui des seniors toujours très actifs qui souhaiteraient continuer à travailler après 65 ans. Ce qui n’est quasi pas possible actuellement parce que nous sommes dans un système de tout ou rien. Sur ce plan aussi, il faudra des adaptations pour que ceux qui le veulent puissent rester plus longtemps au travail. Et ces personnes devraient recevoir un bonus de pension.

Peut-on éviter une récession ?

Nous constatons que, tant à la Bourse que dans l’économie, la confiance a rapidement régressé. Les chiffres du dernier trimestre de cette année vont montrer que l’économie s’est légèrement ralentie. Les réformes ne porteront pas immédiatement leurs fruits et je m’attends donc à une légère récession l’année prochaine. Si elle sera sensible, elle ne sera toutefois pas aussi importante qu’en fin 2008 – début 2009. A ce moment-là, ce sont surtout les banques et les entreprises qui ont ressenti la crise. Aujourd’hui, les ménages devraient être plus fortement atteints suite aux décisions gouvernementales. Il est difficile de prévoir combien de temps va durer la crise. Cela dépend surtout de la confiance dans la politique européenne. L’Union européenne doit davantage devenir une union politique. Mais nous voyons que c’est un processus qui connaît des hauts et des bas et qui prendra encore du temps. La plupart des économies européennes connaitront encore pas mal d’années avec une croissance économique très lente.

Comment l’épargnant belge doit-il investir aujourd’hui ?

Il ne faut s’attendre, dans un avenir proche, à des rendements élevés des investissements financiers. Le meilleur conseil à donner reste la diversification. Tout comme l’investissement dans les marchés émergents, tels que la Chine. Ils devraient poursuivre leur croissance pendant encore deux décennies. Enfin, adopter un comportement conservateur pour l’épargne, en protégeant surtout de l’inflation.

Le prix de l’or est actuellement élevé et il n’est donc pas conseiller d’y investir. En ce qui concerne le marché immobilier, nous sommes dans une situation difficile. Contrairement à d’autres pays, les prix n’ont pas baissé en Belgique. Il ne faut donc plus s’attendre à de fortes hausses, mais cela reste un bon investissement. Tout comme les certificats immobiliers parce qu’ils résistent mieux à l’inflation.   


Mise en ligne: 17-11-2011 | Mise à jour: 17-11-2011



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