Comment fonctionnent les droits d'auteur ?
« Mon mari, pensionné depuis deux ans, a écrit un premier roman qui a retenu l'attention du comité de lecture des Editions M. Celles-ci ont décidé de publier ce roman et se sont chargées de sa diffusion et de sa publicité. L'ouvrage a été enregistré comme il se doit et un deuxième roman est en voie d'achèvement. Mais un point manque de clarté pour nous : ce sont les droits d'auteur. Comment fonctionne ce système ? Mon mari va-t-il toucher un pourcentage sur les ventes ? Si oui, à quel moment et pendant combien de temps (supposons qu'il décède) ? »
Les droits d'auteur naissent automatiquement par la création d'une oeuvre originale, sans devoir accomplir de formalités administratives pour les obtenir. La loi du 30 juin 1994 sur les droits d'auteur fait une distinction entre droits moraux et droits patrimoniaux. Les droits moraux visent à protéger la personnalité de l'auteur à travers son oeuvre ainsi que le droit à la paternité et à l'intégrité de son oeuvre. Les droits patrimoniaux confèrent à l'auteur le pouvoir d'autoriser ou non l'exploitation de l'oeuvre. Ceux qui envisagent d'exploiter l'oeuvre doivent obtenir l'autorisation préalable de l'auteur ou ses ayants droit (en cas de décès).
Pour certaines formes d'exploitation, la loi remplace le droit exclusif des auteurs par un simple droit à une rémunération. L'exploitant d'oeuvres (ou éditeur) ne doit plus obtenir d'autorisation préalable des ayants droit. Il s'acquitte de ses obligations en payant une rémunération. Tel est le cas lors de la conclusion d'un contrat d'édition. Votre mari a manifestement conclu un tel contrat avec une maison d'édition en vue de diffuser son oeuvre. Le contrat d'édition est également régi par la loi sur les droits d'auteur.
L'éditeur s'engage, sauf convention contraire, à verser à l'auteur une rémunération proportionnelle aux recettes brutes. Et une protection supplémentaire est prévue : si l'auteur a cédé à l'éditeur les droits d'édition à des conditions telles que, compte tenu du succès de l'oeuvre, la rémunération forfaitaire convenue est manifestement disproportionnée par rapport au profit engrangé par l'éditeur, celui-ci est tenu d'adapter la rémunération pour accorder à l'auteur une participation équitable. La demande doit toutefois émaner de l'auteur lui-même.
Le moment où cette rémunération est versée est normalement fixé dans le contrat qu'il a signé. L'éditeur doit lui faire parvenir un relevé des ventes, des recettes et des cessions réalisées selon chaque mode d'exploitation (article 28 de la loi). La protection accordée par la loi se poursuit pendant septante ans après le décès de l'auteur.
Auteur: Magali Raes | Mise en ligne: 10-12-2007 | Mise à jour: 20-03-2009

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