Le Centre pour l'égalité des chances veut un débat sur la discrimination liée à l'âge

28/05/13 à 15:56 - Mise à jour à 15:56

La loi punit la discrimination sur base de plusieurs critères, dont l'âge, bien que ce critère soit souvent jugé légitime par les citoyens mais aussi les partenaires sociaux et pouvoirs publics et que peu de plaintes soient déposées à ce sujet. Il s'agit pourtant d'une forme de discrimination et il est temps d'ouvrir le débat sur ce critère, insiste mardi Edouard Delruelle, directeur-adjoint du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme.

Le Centre pour l'égalité des chances veut un débat sur la discrimination liée à l'âge

© BELGA

Le Centre a mis en lumière dans son "Baromètre de la diversité Emploi" la discrimination à l'encontre des plus de 45 ans sur le marché de l'emploi.

"Près de la moitié des responsables Ressources Humaines interrogés disent que l'âge d'un candidat exerce une influence sur la sélection finale. Seule une entreprise sur trois investit dans la formation des plus de 45 ans. Et un Belge sur trois estime qu'une entreprise qui occupe surtout des travailleurs 'âgés' est moins performante", résume Edouard Delruelle.

Un sentiment qui rejoint les résultats d'une enquête d'opinion sur les stéréotypes liés à l'âge dans le milieu professionnel, qui révélait qu'une personne sur trois trouvait que la discrimination liée à l'âge était justifiée. "Les travailleurs eux-mêmes adhèrent à ces stéréotypes et au comportement discriminatoire des employeurs. Il n'est pas étonnant que le taux d'emploi des 15 à 24 ans et des plus de 55 ans en Belgique soit nettement inférieur à la moyenne européenne", souligne Edouard Delruelle.

Cette opinion explique en partie le nombre relativement restreint de dossiers de discrimination relative à l'âge ouverts par le Centre. Ainsi, l'an dernier, le Centre en a ouvert 93, dont plus de la moitié (62 pc) touchaient aux relations de travail et 25 pc concernaient l'accès à des biens, services et activités. Pour le directeur-adjoint, les lois seules ne suffisent pas et il faut s'attaquer à ces préjugés "profondément ancrés" et ouvrir un débat de société.

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