Guy Legrand
Chronique

13/03/17 à 09:20 - Mise à jour à 09:34

L'immobilier est-il trop cher ?

La polémique remonte à quelques années : l'immobilier résidentiel, autrement dit le logement, est-il trop cher en Belgique ?

En 2015 tout particulièrement, on a eu droit à plusieurs avertissements, venant tant d'études publiées par ING Belgique que de déclarations du gouverneur de la Banque nationale. Cette dernière a du reste fait pression sur les banques pour qu'elles se montrent plus prudentes dans l'octroi des prêts hypothécaires. Au moyen de recommandations, mais également de contraintes financières. Le Fonds Monétaire International, qui étudie régulièrement la situation économique de nombreux pays, s'est aussi penché sur la question. Sa conclusion : le FMI "ne s'attend qu'à une baisse limitée des prix dans notre pays". L'OCDE, cette instance internationale qui regroupe les nations les plus développées de la planète et se livre également à de telles études, considérait pour sa part comme faible le risque d'assister à un gros accident au niveau des prix.

Le ton rassurant de ces propos laisse toutefois clairement paraître la conclusion à laquelle arrivaient ces organismes, à l'instar d'ING et de la BNB : oui, le logement est devenu fort cher en Belgique, suite à l'envol des prix observé à partir de 2003. On pourrait rétorquer que la Belgique demeure très abordable par rapport à la Suisse, par exemple, et que même Bruxelles reste fort bon marché face à Paris ou Londres. Mais là n'est pas la question. Cette cherté doit d'abord s'apprécier en fonction du pouvoir d'achat de la population. L'OCDE a étudié le rapport entre le prix du logement et le revenu des Belges : il était, en 2015, supérieur de 47 % à sa moyenne historique. Autrement dit, par rapport au pouvoir d'achat (immobilier) historique des Belges, le logement était devenu 47% plus cher en 2015. C'est beaucoup ! On comprend que divers économistes parlent de surévaluation.

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Il ne faut plus guère espérer de hausse des prix

Guy Legrand

La chute des taux hypothécaires a largement contribué à l'envol des prix immobiliers. On sait qu'un ménage souhaitant acquérir un logement ne regarde pas seulement son prix de vente, mais aussi (voire surtout) la mensualité que cela représente, laquelle s'est dégonflée avec le repli continu des taux. Il faut du reste en tirer la juste conclusion : maintenant que la baisse des taux a vraiment pris fin, il ne faut plus guère espérer de hausse des prix avant un bon moment. Une poursuite de la relative stagnation des toutes dernières années est ce qu'on peut attendre de mieux.

Les Belges propriétaires de leur maison ou appartement n'ont cependant aucune raison de s'en désoler : même si ce logement représente l'essentiel de leur patrimoine, ils en tirent d'abord une satisfaction personnelle et un confort psychologique. Alors, bon marché ou trop cher... Autant il est indispensable de s'en préoccuper dans ses placements, autant il est sage de ne pas trop s'en soucier pour son home, sweet home.

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