Gang des vieux en colère: "nous allons nous énerver grave !"

17/04/18 à 12:13 - Mise à jour à 12:05

Source: Plusmagazine

Un groupe d'amis s'est mué en mouvement citoyen. La pension à points, il n'en est pas question. Ils font pression sur le monde politique. Et ils ne comptent pas baisser les bras, 'faut pas les agacer !

Gang des vieux en colère: "nous allons nous énerver grave !"

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"Si vous ne jetez pas ce projet aux oubliettes, nous, les vieux, les vieux aveugles, les vieux hypertendus, les vieux diabétiques, les vieux pétris d'arthrose, assiégés par tous les cancers du monde, les vieux mal à l'aise sur leurs fémurs, nous allons nous énerver, grave. Et les futurs anciens Belges avec nous". Le ton sarcastique du "gang des vieux en colère" est donné dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre Charles Michel. L'objet de leur courroux ? La réforme des pensions.

Gang des vieux en colère: "nous allons nous énerver grave !"

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"J'ai travaillé plus de 43 ans en tant qu'indépendant et j'ai payé énormément de lois sociales. Je pensais avoir une pension décente, mais ce n'est pas le cas. Je suis venu manifester ici pour que les futurs retraités puissent vieillir dans la dignité. Avec un peu plus de 1.300 € de pension, quand il faut encore payer un loyer, que reste-t-il ?", expose Luc Claerhout, 67 ans, drapeau belge à la main. Un personnage à la fois déterminé et inquiet.

Luc Claerhout

Luc Claerhout © DR

Luc faisait partie des dizaines de citoyens venus manifester place de la liberté à Bruxelles. Ils étaient exaspérés, ce lundi 16 avril, sous les premiers rayons printaniers. Ils ? Ce sont les membres du "gang des vieux en colère", un groupement citoyen créé au départ d'un groupe d'amis se revendiquant comme non-partisan. Il refuse "toute dérive d'un système de pension par capitalisation, une pension à points liée au budget et à la conjoncture économique, la suppression de la prise en compte des années d'études et des jours chômés." Le "gang des vieux en colère" a tapé dans le mille en matière de communication. La presse qui aime les appellations fortes s'était déplacée en nombre. Mais derrière cette dénomination mi-humoristique mi-guerrière, un vrai discours s'exprime. Et si ces "vieux" comme ils se nomment ont sans doute l'âge de leurs artères, ils s'indignent encore comme de jeunes gens. Certainement que sous les pavés de la place de la Liberté, il y avait encore du sable d'un célèbre mois de mai.

Françoise Michiels

Françoise Michiels © DR

"Je viens d'avoir 65 ans. Je suis fraîchement pensionnée, narre Françoise Michiels, qui s'affiche comme une "petite vieille" de mai 68. J'ai la chance de recevoir une pension décente calculée en fonction des années de travail. Je suis passée par les mailles du filet. Je peux encore me permettre un petit extra. Mais après moi, les mouches ? Certainement pas ! Nous nous opposons à la pension à points envisagée par le gouvernement. Nous avons des enfants, des neveux et des nièces, des amis aussi dans la cinquantaine. Ils vont se retrouver complètement par terre. Ils savent que ce ne sera pas facile. Je connais déjà des personnes qui continuent à travailler au noir pour survivre ou pour mettre un peu de beurre dans les épinards. Ils ont de petits-enfants et ils aiment leur offrir un cadeau ou leur payer un stage. Ces pensionnés n'arrivent déjà pas à s'en sortir avec leur pension complète. Alors, imaginez ceux du futur qui vont gagner encore moins ! Ils vont se tourner vers le CPAS ? Alors nous, on veut faire reculer le gouvernement. On ne lâchera pas le morceau !"

Michel Huisman

Michel Huisman © DR

"Ce qui a été le déclencheur de notre mouvement ? Nous avons découvert qu'il y avait des personnes qui n'avaient que 500 € pour vivre (certains indépendants, carrières incomplètes), embraye Michel Huisman, l'administrateur du mouvement. C'est insupportable, indécent. Mais ce que le gouvernement prépare, c'est abominable. Nous avons donc créé ce mouvement pour nos enfants et nos petits-enfants. Cela ne se passera pas comme ça. Monsieur le Premier ministre, entendez-nous !" Le "Gang des vieux en colère" revendique une réelle concertation sociale comme le prévoient la loi et le système de la pension par répartition. Il demande aussi le relèvement de la pension minimale à 1.500 € net liée au bien-être.

Le "Gang des vieux en colère" est sur Facebook.

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