Belgique - Suède : 0 - 1 pour la durée et le goût du travail

07/05/14 à 08:24 - Mise à jour à 08:24

Les Suédois travaillent plus longtemps que nous et en plus, ils y trouvent davantage de satisfaction. Que pouvons-nous apprendre de nos voisins du Nord?

Belgique - Suède : 0 - 1 pour la durée et le goût du travail

© Getty Images/iStockphoto

Lorsqu'on parle emploi et conditions de travail, on en vient vite à évoquer le modèle scandinave, et plus particulièrement la Suède. Tout y serait-il à ce point idyllique ? Probablement pas, mais quand il est question de travailler plus longtemps et dans la bonne humeur, rien n'interdit d'aller jeter un coup d'oeil pour voir comment les Suédois parviennent à un meilleur score que nous.

L'expert pension Delta Lloyd Life a mené une enquête auprès de 1.600 travailleurs belges et suédois de 50 ans et plus et vient d'en communiquer les résultats ce 6 mai 2014. La comparaison entre les systèmes belge et suédois a porté sur l'âge de la pension, la durée de la carrière, la mentalité par rapport au travail, le taux d'activité des 50-64 ans, le travail à temps partiel, la formation, etc.

Recette secrète ?

Les Suédois travaillent en moyenne 8 ans de plus que leurs homologues belges et se sentent en outre très heureux pendant leur fin de carrière. Mais quel peut bien être leur secret ? Certainement pas dans une gestion du personnel axée sur l'âge en offrant toutes sortes de possibilités de passer d'un temps plein à un temps partiel, en imaginant des systèmes comme le crédit-temps ou la pause carrière. En Suède, on ne se focalise pas sur l'âge tout simplement parce que c'est trop stigmatisant. On n'y invente pas des mesures liées à un groupe d'âge précis. Et l'on travaille majoritairement à temps plein : pratiquement 80% des travailleurs contre 60% en Belgique. La solution n'est apparemment pas à trouver dans le fait de travailler moins.

Où chercher alors ? Un important facteur dans le plaisir à (continuer à) travailler semble bien être l'implication, la participation dans son entreprise. La formation est également un facteur motivant. En Suède, le taux de participation de 55+ aux formations est de 21,6% contre 5,6% en Belgique. Celui qui est prêt à suivre une formation ou que son employeur autorise à suivre ouvre ses horizons professionnels et peut aussi se réorienter.

La mentalité en général joue incontestablement un rôle aussi. Selon Hilda Martens, professeur à l'Université d'Hasselt, les Belges se demandent surtout " combien de temps dois-je encore travailler ? ". Notre politique se focalise trop sur les motivations externes (salaire, conditions de travail, possibilité de crédit-temps...) tandis qu'en Suède, le contenu du travail constitue en lui- même la vraie motivation.

Flexibilité dans l'âge la pension

En Belgique, l'âge légal de la pension est toujours fixé à 65 ans. Et ceux qui répondent à certaines conditions d'âge et de carrière peuvent arrêter plus tôt s'ils le veulent. On peut aussi travailler plus longtemps mais dès que l'on atteint les 45 ans de carrière, les années supplémentaires ne sont pas prises en compte pour le calcul de la pension.

C'est différent en Suède. On y connaît un âge de la pension flexible. Celui qui continuer à travailler, continue à améliorer sa pension. En cotisant plus, on reçoit plus. Et s'arrêter tôt est assez mal perçu.

Changement de cap

Se lancer dans un nouveau travail parce que l'ancien est devenu trop éprouvant physiquement n'a rien de négatif en Suède. Un Suédois ne démérite nullement sur le plan social même s'il gagne moins qu'avant. Au contraire, c'est une attitude jugée positive. Et nous, Belges, pourrions tirer des leçons de tout cela.

Vous pouvez retrouver tous les résultats de l'enquête sur :

http://365analytics.com/public/werken14/FR/

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